2ème interview de la série « Women in Business ». Aujourd’hui rencontre avec Caroline Gauvin from Canada. Rencontrée sur le web via mon job dans le kite, il se trouve Caro a un passé professionnel bien fourni ; elle nous raconte son évolution depuis Whistler, là où tout a commencé pour elle !

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En premier lieu, petite présentation générale de Caro :

Déjà 35 ans, j’habite la rive sud de Montréal où j’y ai d’ailleurs grandi. En période estivale je me tiens sur les plans d’eau en kite et lorsque l’hiver arrive c’est plutôt les montagnes que je côtoie avec ma planche. Je suis travailleur autonome depuis l’âge de 23 ans, donc cela fait 12 ans déjà. J’ai au départ été représentante pour la compagnie NIKITA, ensuite j’ai créé ma propre agence que j’ai dirigée pendant huit ans. Je suis maintenant dans le domaine de l’immobilier et co-fondatrice de Ouikite.ca.

580203_565907966794496_1444113608_nRacontes-nous ton histoire avec NIKITA. Pourquoi avoir dédié de te lancer en indépendante ? As-tu été accompagnée, soutenue dans ce projet ou complètement solo ?

Étant plus jeune je n’aimais pas trop les bancs d’école, je préférais d’avantage performer dans les sports que d’obtenir la meilleure note de ma classe. J’ai donc fini mon secondaire 5 pour ensuite faire un an de cégep et tout laisser tomber sur un coup de tête pour partir en voyage. L’école de la vie est donc devenue pour moi la clef de tout mon apprentissage. Une année passée dans l’ouest canadien, à Whistler plus précisément, où j’ai appris l’anglais, où j’ai dù apprendre à gérer mon modeste budget pour ne pas dire mes quelques dollars en poche et où j’ai pu faire du snowboard tous les jours. À mon retour de l’ouest canadien en 2000, des amis à moi avaient ouvert, tout près de chez moi, une boutique spécialisée en vente de matériel de snow/skate du nom de EMPIRE. Ils m’ont demandé si j’étais intéressé à travailler avec eux pour les aider à monter tout le département de vêtement pour femme.  Le « timing » était parfait, moi qui rêvais à l’époque d’avoir ma propre boutique c’était décidément l’occasion parfaite pour y faire mon entrée. J’y ai donc passé deux belles années et je remercie encore d’ailleurs Phil, Pat et Fred de m’avoir tout appris sur le métier d’acheteuse et de m’avoir donné cette chance unique. En m’occupant des achats femme de la boutique j’ai acquis énormément d’expérience dans le domaine et ça m’a permis de rencontrer tous les représentants et les agences de cette industrie.

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Le distributeur canadien de NIKITA m’a proposé en 2003 de devenir leur agent de vente au Québec. Ils étaient à la recherche d’une fille dynamique qui aimait bien sûr porter leurs vêtements et qui pouvait bien représenter leur slogan NIKITA « for girls who ride ». Décidément ils sont tombés sur la bonne fille. Non seulement je « ridais » une planche de snow, une planche de wake, un skate, un surf, un motocross et j’en passe mais j’avais aussi NIKITA de tatouer sur le cœur depuis que j’avais rentré cette ligne de vêtement chez EMPIRE.

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Je suis donc sans hésitation passée de l’autre coté de la table, c’est à dire, je suis passée d’être assise sur une chaise à écouter le « speech » de vente du représentant devant moi à gérer un budget pour 3 boutiques (en 3 ans EMPIRE avait ouvert 2 autres succursales) où vendre moi-même le produit.

Nikita snowboard camp

Quelles sont les clés de la réussite d’un tel projet ?

La détermination et la passion. Un jour quelqu’un m’a dit : « Caro, tu peux faire tout ce que tu veux dans la vie, mais arrange toi toujours pour être la meilleure dans se que tu fais. » C’est ce que j’ai fait, après quelques années de travail acharné, NIKITA est devenu la ligne de vêtement pour fille la plus vendue dans les boutiques spécialisée dans l’industrie du snow/skate ici au Québec et grâce à mon territoire le Canada était classé 3e au monde. Nous sommes passé de 10 portes à 125 portes ouvertes au Québec. Laissez moi vous dire que me faire fermer une porte au nez ça m’est arrivé plus d’une fois. J’ajouterais donc également aux clefs de la réussite : la persévérance !! 😉

IMG_5854La + grosse difficulté que tu as rencontrée pour y arriver ?

Vivre sur une marge de crédit pendant 2 ans a été ma plus grosse difficulté. Je crois bien ne pas avoir dormi par cause d’insomnie entre 2003 et 2005 ! Lol

Je ne voyais pas le jour où je serais en mesure de rembourser mon emprunt. Disons que le beurre de peanut et les soupes ramens ont été mon régime alimentaire pendant tout ce temps.

Qu’est ce qui t’a décidé à changer d’aventure du jour au lendemain ? Quelle est cette nouvelle aventure et racontes-nous cette transition.

L’évolution de NIKITA au cours des années m’a permis de me louer un local et de prendre d’autres lignes de vêtements sous mon aile. J’ai donc créé AGENCE CARGO et ma sœur est venue travailler avec moi pendant 3 ans. Nous avons formé une super équipe ensemble. Je suis une personne qui a constamment besoin de challenge et nous étions allées jusqu’au bout de ce qu’on pouvait faire avec les lignes que nous avions dans l’agence. J’en étais au point de devoir grossir l’agence ou de partir vers un nouveau défi. Il faut dire que l’industrie du vêtement ici au Québec en 2008-2009-2010 avec l’arrivée des grosses surfaces comme H&M et 4ever21 nous a donné un gros coup à la baisse. Alors j’ai senti qu’il était temps pour moi de faire autre chose. J’avais aussi vieilli et courir les partys, les événements de snow, les démos entourés de jeunes qui étaient désormais beaucoup plus jeune que moi ne me « drivait » plus autant. C’est donc avec le cœur gros que j’ai fermé les portes de l’agence et que je me suis retrouvée à la maison un matin en ne sachant pas du tout ce que j’allais faire de ma vie.

wake surf

Benjamin Rochette, fondateur de Ouisurf.ca m’avait approché en 2010 pour me proposer de me joindre à lui dans son projet de magasine québécois en ligne sur le surf. Son idée me paraissait extrêmement intéressante mais la passion qu’il avait pour son sport, je ne la ressentais pas de mon coté. C’est donc l’an dernier, un an après avoir commencé à faire du kite que j’ai contacté Benjamin pour lui proposer de fonder Ouikite.ca. Même concept mais pour l’industrie du kitesurf. Mon sport !!

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Après quelques rencontres et quelques blagues lorsqu’on se croisait dans des évènements, il a fini par dire Ok, j’embarque! 😉 Voilà j’avais trouvé mon nouveau challenge. Dès la 1ère fois où j’ai tenue un kite dans mes mains j’ai su que ce sport allait me pousser au bout de mes limites. Me voilà maintenant en partenariat avec Benjamin (caméraman de métier) à vouloir parcourir le monde à la découverte de nouveaux spots de kite, de nouvelles cultures, de vouloir partager ma passion pour la photo et de faire rêver les gens. www.ouikite.ca

Benjamin:Caro

Ouikite_Boat trip2As-tu dû faire des sacrifices pour vivre de ta passion ?

Je ne vie malheureusement pas encore de ma passion (le kite), mais, je compte bien y arriver un jour. Que ce soit par l’entremise du site web, de la boutique en ligne qui s’en vient bientôt, de la planification de voyage ou bien d’un projet télé, Benjamin et moi sommes 2 passionnés qui ont soif d’aventure alors j’ai confiance.

Un conseil pour les girls qui souhaitent emprunter ce type de parcours ?

Il faut vivre son rêve et non rêver sa vie (c’est ma devise !)

As-tu le temps de rider suffisamment ?

Oui aussi souvent que j’en ai l’occasion, mais comme tous les kitesurfers, on en a jamais assez !!

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1057736_10151751713653343_1152034237_nTon meilleur souvenir de ride ? Le pire ?

Mon meilleur c’est l’an dernier au Brésil à Icarai, j’y ai passé un mois et tous les jours ont été pour moi un ride mémorable. Également en Janvier dernier avec quelques riders Ouikite nous avons passé 14 jours sur un voilier (www.seesailsports.com) et Benjamin nous a créé une vidéo de course qui a déjà parcourue quelques continents.

Mon pire : Fleischeiras au Brésil il y a 2 ans, il ventait environ 30 noeuds et je me suis retrouvée dans peu d’eau sans ma planche à marcher sur des coraux à perte de vu. Je me rappel être debout avec mon kite à midi et verser une larme en me demandant comment est-ce que j’allais faire pour me sortir de là.

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Racontes-nous une journée type en ce moment :

Levé à 7h30, boire un café en parcourant tous les médias sociaux du kite dans le monde, je retiens ce qu’il y a de plus intéressant pour éventuellement le transmettre sur Ouikite, douche, départ pour le boulot (je travaille également à contrat en gestion de projets immobiliers pour gagner un peu ma vie). Ensuite, tout dépendant si je finis tôt ou non, j’écris des articles, je crée des designs de vêtements, des nouveaux logos, je cherche des commanditaires, je les rencontre, je travaille des photos ou bien je cours le vent pour créer du contenu à l’aide des gens avec qui je m’amuse sur l’eau. Souvent je ferme mon ordinateur et il est déjà 22h.

Quels sont tes projets pour la suite ?

Me trouver un homme avec qui partager tout ça !! 😉

Merci Caro ne nous avoir fait partager tout ça ! On espère croiser ta route un jour « in real life » !

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