Reprenons le cours de notre chronique de l’été, avec Christelle et ses débuts dans le monde du kite ! Après nous avoir fait part d’un état des lieux plutôt honnête sur son niveau 0 dans les sports de glisse, on la retrouve nous expliquant comment surmonter, et surtout comprendre, toutes ces choses inconnues et les codes de ce nouveau monde.

Ce qui est assez cool, quand tu débutes un sport à 30 ans (PAF ! Coup de bambou), c’est que tu es de nouveau confrontée à une masse de « premières fois » (OUBA ! OUBA !)

Donc autant te dire que le hérisson dans le ventre, mi-« chsuis gonflée à bloc » et mi-« j’y vais mais j’ai peur », il n’est pas près de se faire la malle.
D’ailleurs, je vais lui refiler un nom tiens, vu le chemin qu’on va faire ensemble : Gaston le hérisson dans le bidon.

Et puis allez chiche, dans les prochaines CAK (Chroniques d’une Apprentie Kitesurfeuse), je vais vous faire partager des premières fois « pas glop » (trop ouf la meuf) :
– parce que y en aura d’autres
– parce que le fleuve sur lequel j’apprends le ktiesurf, n’est ni long, ni tranquille (c’est même pas un fleuve d’ailleurs)
– parce que franchement, entre nous, des fois, c’est à me donner envie de me pendre avec un élastique

T’exagères pas un peu là Momo ?
J’ai encore de l’eau de mer qui fait glou glou dans mon oreille interne à cause des vagues d’hier, et j’ai le cul d’une schtroumpfette… J’ai des preuves, c’est irréfutable, c’est objectif, coach.
Et puis mieux vaut prévenir que guérir… Parce que le prochain qui me file une tape dans le dos en me disant « tu verras, le kitesurf, c’est easy-flex »… Je te jure qu’il aura droit à un  « et mes couilles sur ton front, c’est easy-flex ?!!! »

Bref. « Si on veut plus de filles sur les spots, il faut s’en donner les moyens », qu’il a dit, le scribe de Flysurf. Je dirais même plus : nous, si on veut plus y être, sur les spots, il va aussi falloir qu’on s’en donne, des moyens. Et ça passe par un dépassement de moultes premières fois !

Commençons donc par la première première fois :
LA PREMIERE FOIS QUE J’AI ENTENDU PARLER DE KITESURF … ET QUE J’AI RIEN COMPRIS

J’étais tranquille, là, assise par terre (à bondir à chaque bruit de portières), à discuter météo/chiffons/côte de bœuf… Et d’un coup, je me rends compte que j’ai perdu le fil. Mais perdu de chez perdu… A m’en demander si ce matin j’ai bien branché le ‘plus’ et le ‘moins’ ou si mes Weetabix n’avaient pas dépassé la date de péremption.

J’entends ça :
« Hook bien le chicken loop et verrouille avec le tchoutch, sinon c’est Superman et arrachage de bras garantis…»

J’imagine ça :Extrait Discussion KiteLe cerveau de Momo fonctionne en rébus, notez-le, ça vous aidera à la comprendre des fois

Ouais, ça veut juste rien dire, c’est chaotique et irrationnel : les poulets qui se courent après pourraient suffire à m’envoyer à l’asile. Et puté, ça me donne envie d’une intervention bien débile du genre « c’est pas cohérent, votre truc, Superman ne peut pas se faire arracher les bras ; c’est Superman »… [tagada pouêt pouêt, cirque Pinder]…Sauf qu’ils me foutent le doute, avec leur air tout ce qu’il y a de plus sérieux : ça lui serait déjà arrivé, à Superman, de se faire dézinguer les bras ?

NDLR : Ça valait bien la peine de porter un moule bite rouge assorti à un pauvre chiffon tout mou dans l’dos, tiens ! 

 

Je viens donc de vivre mon first kitesurf moment of solitude (Amen). Mais ça serait TROP FACILE, franchement moche (et méchant) d’en conclure que les kitesurfeurs sont close-minded-sectaires-dans-leur-bulle.

Parce que si on réfléchit deux secondes (pas plus sinon ça me donne des fourmis au cerveau), ce type de situation n’est pas exclusif du monde du kitesurf. C’est aussi vrai pour les joueurs de volley (« on joue en 5 /1, je veux que sur relance on tente une combi : on part en croix, la pointue vient en demi et la centrale en fixe avant »), pour les fans de tactiques militaire (« QUOI ? Tu ne savais pas que la phalange était une formation militaire romaine ? »), pour les stéphanois (« et ce match Sainté-Munich en 76, foutus poteaux carrés !»), pour les inconditionnels de la cuisine (« pendant que votre poisson cuit au bleu et que la pâte à tarte cuit à blanc, montez vos œufs en neige dans un cul de poule»), pour les rois du point de croix ou de l’enfilage de perles et pour bien d’autres, communément appelés : les passionnés.

Ça peut paraitre simpliste, mais quand tu as compris et intégré que tu as à faire à des passionnés, tu as déjà fait un GRAND pas vers le monde du kitesurf.

Et du coup, quelle est la meilleure façon de réagir face à une discussion où t’es complètement larguée ?… POSER DES QUESTIONS, PARDI ! Non parce que le dodelinement poli de la tête, genre potiche, ça va 5 minutes, einh ! Et puis :

  • Si ça t’intéresse vraiment, tu te coucheras moins con ;
  • Si ça t’intéresse pas plus que ça, ça pourra faire prendre conscience à ton entourage que t’as pas fait kitesurf en seconde langue (s’il faut, parle en Ouszbek ça peut ptêtre les faire tilter plus rapidos) ;

Les questions, t’as le droit, t’y connais rien ; ET IL N’Y A PAS DE QUESTION CON. En plus devine quoi ? En général, même que les gens répondent (dingue !).

Mais COMME PARTOUT, il y a quand même un risque de réactions stupides (bah ouais). Exemple : le lancer de regard qui dit « on ne mélange pas les torchons et les ponchos ma ptite dame, va voir ailleurs si on y est »… Ouch, pas de bol. Dans ce cas-là :

  • improvise une issue de secours, un plan B, comme : Bonne nuit jvais m’coucher ! Bordel à cul, j’ai failli louper mon cours d’aquaponey ! Bon Dieu, c’est pas l’heure du goûter ? Ben ça alors, c’est ce week-end le meeting de la truite à Vesoul ? Burpees Time ! Bah, t’as fini le Nutella ?
  • et puis, pas de conclusion hâtive [mode Jean-Claude Dusse ON] : sache qu’il n’y a pas de corrélation significative entre le QI et le sport (c’est la General Social Survey qui l’a dit). Le kitesurf étant un sport… CQFD ! (ouf)

QI vs SPORT_VF

Lesson one, step two : l’attention, en tout, c’est ce qui nous sauve.

A suivre, la CAK #3 !

Relire la CAK #1