Toute cette histoire remonte à 6 mois quand, au détour d’une session kite en terre camarguaise, des filles que je connais à peine (ih ih) me proposent de m’inscrire avec elles à une course. A pied.

« Chouette » me dis-je, « ça me rappellera les cross au lycée, j’étais pas si mauvaise ».

Puis, elles se mettent à dire des trucs comme « ramper dans la boue », « monter à la corde », « sauter au dessus du feu », « 13 »km … euuuh attendez, c’est quoi vot’ truc là ?

Capture d’écran 2014-10-07 à 15.42.00

Devant leur (lourde) insistance, j’accepte les yeux fermés de me joindre à leur équipe bizarre pour cette course bizarre au nom bizarre. Spartan Race. Genre les spartes, les arènes tout ça ? Les hommes musclés transpirant dans la poussière ? Ma foi, après tout pourquoi pas !

DEAL ! dis-je (bien trop souvent)

Qu’est-ce que j’ai pas dit, Maman.

Parce qu’en fait, j’ai appris bien plus tard que le « DEAL » consistait à courir 13km, pendant lesquels 21 obstacles se dressent sur notre chemin. Et qu’en cas de refus d’obstacle (comment tu veux que je franchisse ce mur de 3m50 en mesurant 1m20, heiiiiiiiin ???), c’est 30 burpees, ou sinon tu passes pas. Parait-il que la première femme le termine en 1h20. En tout modestie, je vise le double, c’est-à-dire le temps de cuisson additionné de 4 chocobananes… c’est long quoi. Mais c’est bon. Enfin on verra le lendemain.

Nous voilà à J-2 de cette fameuse course qui va avoir lieu au circuit Paul Ricard (Var) en ce dimanche 12 octobre.
Quand ma cb a expulsé les 72€ de l’inscription il y a quelques mois (ce doux temps où j’étais encore dans l’ignorance et le déni, ne voulant absolument pas savoir dans quoi je m’embarquais), j’avais établi dans ma tête un plan d’entrainement I-DE-AL pour être prête à courir un marathon le jour J, alors qu’on ne m’en demanderait pas tant. Juste pour pouvoir dire « moi c’est bon, je suis larrrrge pour 13km, vous allez manger ma poussière, bande de spartalacon »

Au jour 1 de mon entrainement en Avril 2014, j’avais 4 mois de snow et ski non-stop dans les pattes et des jambons basques à la place des cuisses. Je pouvais casser un mélèze sur simple low-kick.
Je me fixe donc un premier objectif bien trop élevé : 8km.
Mais j’y arrive.
Mais j’ai pas marché pendant 4 jours ensuite.
(J’ai des preuves en vidéo de mon traître de mari si vous voulez).

1888724_10152148221733423_8182449623064314253_nOn discerne à peine la souffrance

Bref, à ce jour, je peux dire que :
– J’ai passé plus de temps sur le message groupé Facebook à discuter avec les filles de comment on allait s’habiller, qu’à m’entrainer.
– Je ne cours toujours pas le marathon
– Même pas le semi
– J’ai jamais réussi à faire 30 burpees d’affilé parce que mon épaule droite se fait la malle au bout du 22ème (j’en ai donc fait seulement 20, et j’ai encore mon épaule, merci)
– En +, au final je me retrouve habillée en leggings noirs et débardeur fluo. Alors que je m’étais imaginée en licorne enchantée grimpant 5m de corde sans nœuds grâce à mes sabots magiques. Tout ça, pour ça !

Ah par contre j’ai regardé toutes les vidéos des précédentes Spartan (genre ça) et mentalisé chaque obstacle. J’ai mentalisé chaque gamelle aussi, y en a beaucoup.

Mais depuis que mon doc m’a tamponné mon certificat me permettant de valider mon inscription, je suis bien + confiante. Il m’a quand même fait faire 30 flexions, que j’ai réalisé les doigts dans le nez. Confiante, vous dis-je.

Avec les 5 autres membres de cette folle tribu (Momo, Eva, Marion, Alizée et Anaïs) on est quand même méga motivée et excitée à l’idée d’aller se rouler dans la boue dimanche prochain et encore + de pouvoir faire notre photo #checkyourselfie pour la grande campagne de Keep A Breast en direct d’une Spartan Race, où le seul enjeu finalement, sera de nous dépasser et de rien lâcher !

Et de garder mon épaule.

Et qu’en pense Momo de cette Spartan ? Voici maintenant son avis :

« On a lancé ça en mode « on s’était dit RDV dans 10 ans »…
Sauf que là, on en est à 9 ans et 362 jours… Et je suis toujours dans le déni.

Pourtant :
(1) Facebook me rappelle gentiment depuis lundi que c’est cette semaine (TG Facebook !)
(2) J’ai mon certif médical d’aptitude au saute-moutons (oui, j’ai dit « moutons » à mon médecin, ça me semblait plus facile à expliquer que « 21 obstacles sur 13km dans la boue »)
(3) J’ai signé une décharge qui dit que si je meurs, c’est pas eux, c’est Murphy
(4) J’ai payé et JAMAIS mon invitation ne sera remboursée (même s’il y a du tonnerre de Brest, du grand vent d’ouragan et des rideaux de pluie – Cf. météo pourave prévue pour dimanche et l’alerte orange qui vient de tomber)…

Bref, après-demain je fais la Spartan Race. J’ai l’impression d’être dans le manège à la con qui monte qui monte qui monte et que je sais très bien qu’il va redescendre, vite, fort et que mon cœur va venir se coller en haut de ma cage thoracique et que je vais crier, cri-er-er (Aline ! Pour qu’elle revienne !) mais je fais comme si de rien n’était…
Car si je suis montée dedans, c’est parce que je ne suis pas seule… Et seul on va plus vite, mais en équipe…On va plus loin #PINKPACKTEAM.
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