Mars dernier : je décide de botter les fesses à mon train-train quotidien, d’élargir mon horizon… Direction la Pink Pack Winter session, à la Foux d’Allos (au bout du bout du monde). Tout est là.
Au retour, avec les sourires, les soleils et les cœurs, un buzz avec une photo particulièrement couillue pour notre partenaire Keep A Breast, relayée notamment par la page FB des Machettes… Je découvre donc Les Machettes… Qui lancent un concours avec Bloody Marie « Lâche le meilleur commentaire à propos de Bloody Marie et gagne un tote-bag ou un débardeur sérigraphié en édition limitée Bloody Marie X Corezone Grenoble ! ».
Je lâche… Je co-gagne… Je découvre donc Bloody Marie (et par la même ce qu’est un tote-bag… Bah ouais). Je vais faire un tour à Linette Galerie Créateurs, point de vente de la marque à Montpellier (ça tombe bien), pour confirmer, pour m’assurer, pour creuser (mon côté Saint-Thomas).
Je tombe sur la collection « loup »… Je repars avec un sweat. Ça part de là, ça part de petits riens, tricotés de fils en aiguilles. Erectile Magasine consacre à Bloody Marie six belles pages dans son numéro de septembre 2014. Petit à petit, l’oiseau fait son nid. Marie-Laure nous fait partager quelques brindilles et plumes du sien… A vous de juger !

DSC_0502_edit© Pink Pack

  1. Salut Marie Laure, tout d’abord, présente-toi !

Je m’appelle Marie Laure BAZZANI, j’ai 29 ans et développe aujourd’hui la marque de vêtements et accessoires Bloody Marie à Grenoble. Après cinq années passées à l’École des Beaux-Arts entre ma ville d’origine et Rouen, j’ai souhaité m’orienter vers la confection et l’habillement en intégrant notamment un BTS Modéliste.

  1. La Marque Bloody Marie

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Le nom : LA question… Pourquoi Bloody ? Pourquoi Marie ? Pourquoi Bloody Marie ?

Lorsque j’ai dû trouver un nom à cette marque, j’ai commencé par faire des recherches sur les mythes et légendes qui pouvaient exister autour de mon propre prénom. Je suis très rapidement tombée sur «Bloody Mary». J’ai été impressionnée par la diversité des versions qui pouvaient différer d’un folklore à un autre : correspondant à la fois à une mère infanticide, à Marie Tudor pour sa politique de persécution cruelle et sanglante des anglicans, à une pirate anglaise nommée Mary Read, au célèbre cocktail à base de jus de tomates, qu’à une femme invoquée par un rituel de divination (notamment dans le film d’horreur américain Candyman de Bernard Rose) en prononçant trois fois devant un miroir «I killed your baby »… Pour faire bref ces histoires portent une aura de mystère que j’ai tout de suite eu envie de cultiver à travers mes créations. C’est ensuite tout naturellement que j’ai souhaité franciser le prénom, afin de lui ajouter un nouveau paradoxe puisque « bloody » signifie à la fois le sanglant mais aussi le sacrée.

La philosophie / le style : si tu devais décrire Bloody Marie en quelques mots, ce serait ? Que souhaites-tu transmettre avant tout ? Comment définis-tu le style ?

D’une façon générale, on me rapporte que ces créations sont empreintes d’éléments se rapportant à la nostalgie de l’enfance. Cette idée me plait bien et c’est ce que j’espère continuer à transmettre. En deux mots je dirai : poétique et décalé. Ce sont ces deux axes qui me permettent d’une façon générale de faire mes choix, mais aussi d’être cohérente avec le sens des mythes et légendes que j’ai pu découvrir au départ.

Les collections : combien de collections à ton actif ? Peut-on parler de pièces uniques ? Quelle est ta pièce fétiche ? Pourquoi ?

Bloody Marie existe depuis 1 an et demi. Depuis, trois collections en séries limitées ont vu le jour. J’aime les tissus « graphiques », ceux qui laissent apparaître des symboles, ou qui racontent une histoire. Ma pièce fétiche est la jupe qui reste intemporelle, et que je me plais à détourner à chaque saison dans des couleurs/matières différentes.

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Les techniques, les outils : de quoi se compose ta boîte à outils, à couture ? Quelles techniques utilises-tu ? Comment as-tu appris ces différentes techniques ?

Ma boite à outils se compose :
– pour le moulage : d’un mannequin, d’épingles et de toile
– pour le patronage : de crayons, d’un pistolet (de couture bien sûr…), d’une règle japonaise pour ajouter les valeurs de coutures, d’une roulette pour dessiner les courbes
– pour la coupe : de différents ciseaux, d’aiguilles, de craies
– pour l’assemblage : une surjeteuse et une piqueuse plate
– pour la sérigraphie : cadre, raclette, encre.

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Les valeurs : au fil de nos précédents échanges, j’ai noté « association de réinsertion », « fait main », « chemises toutes différentes », « encre non toxique », « tee-shirt fabriqués aux US et garantissant des salaires élevés », « coton peigné, tubulaire »… Quelle est ta colonne vertébrale, ta chaine de valeurs, ta position sur le choix des matières, des techniques, etc. ?

Penser plus loin que la finalité du vêtement fait bien entendu partie de mes préoccupations. Ainsi je transforme des chemises que je me procure dans des associations de réinsertion, je sélectionne mes tissus selon leurs lieux de fabrication, je veille à utiliser de l’encre non toxique sur mes sérigraphies… Ce n’est pas toujours évident d’avoir accès à la vérité mais, quoi qu’il en soit je la recherche en permanence.

  1. Racontes-nous l’histoire de Bloody Marie…

L’origine : d’où est partie l’idée, le projet ? Un challenge, un pari ? Une envie de changer ? Une vocation ? Un truc longtemps mûri et réfléchi ou quelque chose qui s’est imposé ?

J’ai eu l’opportunité de créer Bloody Marie lorsque mon contrat de travail s’est terminé chez Lola (NDLR : vêtement haut de gamme pour femme, essentiellement tailleurs, 19 boutiques en France, c’est pas des lapins de 6 semaines !) où j’étais modéliste. J’ai eu la chance d’avoir le temps de me pencher sur cette envie, que j’ai toujours eu, d’avoir ma propre marque.

Le parcours : la première étape, pierre à l’édifice, le déclic qui a fait que c’est devenu possible, réel, ça a été quoi ?

J’ai su qu’une place se libérait dans un atelier/boutique proche de chez moi dans un quartier assez dynamique. J’ai donc pris la décision de m’y greffer. Nous étions 5 issus de milieux différents mais chacun avec un goût prononcé pour la création. C’est ici que j’ai eu l’occasion de réaliser mes premiers prototypes pour Bloody Marie et que j’ai rencontré mes premières clientes.

Step by step : quelles ont été les grandes étapes de la vie de Bloody Marie ? Les tournants et décisions, changements de cap, etc.

Parmi les grandes décisions il y a eu celles de quitter cet atelier en décembre dernier. La rue n’étant pas si passante que ça finalement (pas de bol !), il m’a fallu revoir mon projet et trouver un nouvel espace de travail… Mon petit atelier grenoblois… Chez moi !

DSC_0542_edit© Pink Pack

Collaborations : parle-nous de ta collaboration avec CoreZone Grenoble. D’autres collaborations ont-elles vues le jour ? Quels sont les partenaires de demain ? Long terme vs. one shot ?

Corezone est depuis mon départ de l’atelier, la boutique qui me permet de continuer à offrir de la visibilité à la marque dans la ville de Grenoble. Il y a quelques mois, lors de la présentation de la nouvelle collection nous avons mis en place un co-branding (NDLR : alliance de deux sociétés sur un produit) avec des totes bags et tee shirts.

L’an passé j’ai eu plusieurs fois l’occasion de collaborer avec d’autres jeunes artistes, avec pour support la sérigraphie. C’est très enrichissant et ces associations permettent la création d’éléments d’autant plus précieux puisqu’ils sont produits en série limitée lorsqu’ils ne sont pas des pièces uniques. Bien que ma priorité reste aujourd’hui le développement de l’identité de la marque, je reste ouverte à toute proposition coup de cœur.

C’est d’ailleurs ce qu’il s’est passé quand tu m’as proposée un partenariat avec Pink Pack. Soutenir ce type d’initiative féminine me plait et je suis très contente de pouvoir vous accompagner à mon niveau dans votre aventure !

Sinon, côté Sud, j’ai découvert Linette Galerie sur Internet. Malheureusement je n’ai jamais eu l’occasion de m’y rendre personnellement. Mais j’ai tout de suite été séduite par les sélections de créateurs et expositions d’artistes qui occupent régulièrement cet espace.

NB : j’ai souhaité reprendre à zéro la distribution de Bloody Marie il y a quelques mois. Babel Concept Store (NDLR : « Entre jeune création et trouvailles vintage, BABEL s’adresse aux esprits curieux et lumineux ») me semblait une belle occasion de recommencer cette aventure, et une sublime vitrine sur Paris, dans « un environnement créatif, chaleureux et toujours en mouvement » !

  1. Bloody Marie aujourd’hui :

La nouvelle collection Heroes vient de sortir : peux-tu nous en dire quelques mots ?

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Avec cette 3ème collection intitulée HEROES c’est une pensée aux fascinantes, aux érudites, aux courageuses qui se tisse pour commencer cette saison entre la trame d’une armure satin. Ici, j’ai tenté d’imaginer des vêtements qui pourraient fonctionner comme une véritable parure, et ce sans joyau véritable ! Finalement HEROES est un hommage à chacune d’entre nous, qui jouons quoi qu’il en soit un premier rôle : le principal qu’est celui de notre propre vie.

jupe-et-top-heroes© Bloody Marie

  1. Les leçons : Bloody Marie a fêté sa première année… Cette année écoulée te permet-elle d’avoir déjà un peu de recul ?

J’ai bien sûr pu tirer de nombreuses leçons de cette première année écoulée. Pour les surmonter, la clé est d’après moi de faire les choses par plaisir !

  1. Bloody Marie demain

Quels sont tes projets pour la suite ? Tes envies ? Que peut-on te souhaiter ?

Faire grandir Bloody Marie reste une de mes priorités. Pour cela et comme tu le sais puisque tu es une des premières à avoir accepté le défi, je suis en train de mettre en place un réseau d’ambassadrices, et reste toujours à la recherche d’espace atypique pour des ventes éphémères, de propositions insolites, et aussi de nouveaux lieux de distributions…

  1. Bloody Marie et la glisse

On t’a vue associée aux Machettes… Hasard des rencontres ou sensibilité ? Tu es basée sur Grenoble… On pense montagne, on pense neige… La glisse fait-elle partie de ton quotidien ?

J’ai découvert les Machettes grâce à la snowboardeuse Marion Gouwy.
Après une chute dans le massif du Dévoluy il y a 7 ans, j’ai pendant de nombreuses années redouté de me remettre sur des skis. C’est donc assez récent, mais je suis très heureuse de pouvoir te dire que oui, j’ai repris ! Je découvre aussi depuis peu des sensations assez inattendues et inconnues avec … le vélo de descente !

  1. Si ce n’était pas Bloody Marie, que ferais-tu ?

Peut-être serais-je dresseuse de serpent, détective privée ou nageuse professionnelle …?!

  1. Informations utiles :

www.bloodymarie.fr
Page Facebook
Boutique ETSY
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DSC_0578_edit© Pink Pack

Il y a quelques semaines, Marie Laure nous a gentiment envoyé quelques pièces de sa collection été pour que nous puissions constaté par nous-même la qualité de ses produits. C’est toujours mieux de parler de quelque chose qu’on connait hein !
Une bonne partie du crew était réuni lors d’un we ‘meeting company’ quelques peu improvisé. On a profité d’un moment pétolesque au soleil pour faire quelques photos de ses produits. Entre une révélation de type ‘génération mannequin’, une jolie lumière et les filles qui ont joué le jeu à fond, on se retrouve avec une belle série qu’on vous « dévoilera » prochainement !
Ce sera l’occasion de vous faire gagner des pièces Bloody Marie ! On en reparle !